En bref :
Pour financer des travaux collectifs en 2026, le meilleur choix consiste à cumuler MaPrimeRénov’ Copropriété et les CEE : le premier dispositif prend en charge les gros travaux de rénovation globale, tandis que les CEE apportent un complément financier très attractif sur le remplacement des systèmes de chauffage.
- MaPrimeRénov’ Copropriété : Finance de 30 % à 45 % du montant HT des travaux (plafonné à 25 000 € HT par logement) selon le gain énergétique atteint.
- Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) : Offrent une prime minimale au mètre carré (jusqu’à 41 €/m² habitable) cumulable avec l’Anah.
- Délais et rouverture : Le guichet MaPrimeRénov’ Copropriété a rouvert le 23 février 2026 suite au vote de la loi de finances.
- Période CEE P6 : La 6ᵉ période s’étend du 1er janvier 2026 au 31 décembre 2030 avec un objectif global de 5 250 TWhcumac.
Quel est le meilleur dispositif pour financer des travaux en copropriété en 2026 ?
Le dispositif le plus avantageux en 2026 n’est pas exclusif : il repose sur l’association directe de MaPrimeRénov’ Copropriété et des primes CEE. Selon l’Agence Nationale de l’Habitat (Anah), MaPrimeRénov’ Copropriété s’impose comme le socle du financement global pour les rénovations d’envergure, alors que les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) financent en priorité la modernisation des équipements techniques.
Pour un propriétaire occupant comme pour un bailleur, le choix arbitre entre la portée de la baisse de consommation visée et la nature des équipements installés. L’arbitrage financier dépend du niveau d’ambition énergétique de la copropriété et de son taux de résidence principale.
Tableau comparatif des aides copropriété en 2026
Voici l’analyse comparative détaillée des critères d’attribution et des montants accordés par chaque guichet public et privé pour l’année 2026 :
| Critères de comparaison | MaPrimeRénov’ Copropriété (Anah) | Coup de pouce CEE (Période P6) |
|---|---|---|
| Taux de financement de base | 30 % HT (gain ≥ 35 %) ou 45 % HT (gain ≥ 50 %) | Montant fixe au m² ou selon les équipements installés |
| Plafond de dépenses | 25 000 € HT maximum par logement | Pas de plafond de dépense, calculé à la surface ou à l’énergie |
| Montant maximal de l’aide | 11 250 € HT par logement (hors bonifications) | Min. 27 €/m² ou 41 €/m² (remplacement énergie fossile) |
| Conditions d’occupation | ≥ 75 % résidences principales (> 20 lots) ou ≥ 65 % (≤ 20 lots) | Ouvert à tous les immeubles résidentiels collectifs |
| Ancienneté de l’immeuble | Au moins 15 ans à la date de notification | Au moins 2 ans |
| Gestion de l’instruction | Instructeur Anah / Guichet réouvert le 23 février 2026 | Obligés CEE et délégataires (Période 2026-2030) |
Comment fonctionne MaPrimeRénov’ Copropriété en 2026 ?
MaPrimeRénov’ Copropriété est une aide collective versée directement au syndicat de copropriétaires pour financer des travaux de rénovation énergétique sur les parties communes ou les parties privatives d’intérêt collectif. Le guichet de dépôt des dossiers a été officiellement rouvert le 23 février 2026 suite au vote de la loi de finances.
Pour être éligible selon l’Anah, l’immeuble doit être construit depuis au moins 15 ans à la date de notification. De plus, il doit comporter une proportion minimale de résidences principales : au moins 75 % de résidences principales si la copropriété compte plus de 20 lots, ou au moins 65 % si elle comporte 20 lots ou moins.
Le barème d’aide s’articule autour de deux niveaux d’ambition énergétique :
- Gain énergétique global d’au moins 35 % : L’Anah finance 30 % du montant HT des travaux.
- Gain énergétique global d’au moins 50 % : L’Anah finance 45 % du montant HT des travaux.
Le plafond des dépenses éligibles est fixé à 25 000 € HT par logement. Par conséquent, le montant maximal de la prime de base atteint 11 250 € HT par logement pour un chantier franchissant le seuil de 50 % d’économie d’énergie.
Quelles sont les bonifications financières et aides individuelles de l’Anah ?
Le dispositif intègre des majorations substantielles visant à accélérer la résorption des passoires thermiques et le soutien aux immeubles en difficulté :
- Bonus sortie de passoire : Une bonification de +10 % est accordée par l’Anah si les travaux permettent à l’immeuble de quitter les classes F ou G du DPE pour atteindre au moins la classe D.
- Bonus copropriétés fragiles : Une bonification de +20 % est attribuée aux copropriétés identifiées comme fragiles ou situées dans un quartier du Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain (NPNRU).
- Aide complémentaire aux ménages très modestes : Une prime individuelle complémentaire de 3 000 € est versée à chaque foyer très modeste occupant le bâtiment.
- Aide complémentaire aux ménages modestes : Une prime individuelle complémentaire de 1 500 € est attribuée aux foyers modestes occupants.
Quelles sont les règles des CEE Copropriété pour la période 2026-2030 ?
Le dispositif des Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) est entré dans sa 6ᵉ période (P6) pour la période s’étendant du 1er janvier 2026 au 31 décembre 2030. Le Ministère de la Transition Énergétique a fixé l’objectif indicatif de l’obligation CEE à 1 050 TWhcumac par an, soit un total de 5 250 TWhcumac sur les 5 ans.
Dans le cadre du Coup de pouce « Rénovation performante de bâtiment résidentiel collectif », les obligés versent des primes directement calculées selon la surface habitable ou le type de matériel décarboné retenu.
Les barèmes minimaux applicables en 2026 fixent deux niveaux d’incitation :
- Remplacement d’équipements fossiles : Une incitation minimale de 41 €/m² habitable est garantie si l’intégralité des équipements de chauffage ou de production d’eau chaude sanitaire (ECS) fossiles est remplacée par des énergies renouvelables.
- Autres rénovations globales : Une incitation minimale de 27 €/m² habitable s’applique pour les autres travaux de rénovation globale éligibles.
Le ministère accorde un avantage réglementaire déterminant au remplacement des chaudières par des technologies à haute efficacité environnementale grâce à des facteurs multiplicateurs de volume :
- Pompe à chaleur collective : Un coefficient multiplicateur de x3 s’applique sur le volume CEE généré.
- Système géothermique collectif : Un coefficient multiplicateur de x5 est appliqué sur le volume CEE généré.
Comment arbitrer selon la taille de la copropriété et les règles de vote ?
La rentabilité financière et la faisabilité juridique du projet varient selon la taille de la copropriété et la répartition entre bailleurs et occupants. L’assemblée générale des copropriétaires doit voter les travaux d’efficacité énergétique à la majorité de l’article 25 de la loi du 10 juillet 1965 (majorité absolue de tous les copropriétaires), voire à la majorité simple de l’article 24 en cas de second vote immédiat.
Pour les petites copropriétés (moins de 20 lots), la contrainte du taux de 65 % de résidences principales est plus simple à valider, mais les frais fixes de maîtrise d’œuvre et d’Assistance à Maîtrise d’Ouvrage (AMO) pèsent lourdement. À l’inverse, dans les grands ensembles de plus de 20 lots (soumis au seuil de 75 % de résidences principales), l’effet d’échelle maximise l’impact des CEE au m², qui viennent réduire de manière significative le reste à charge global avant le calcul des quotes-parts individuelles.
Pour le propriétaire bailleur, les incitations restent déterminantes afin de se conformer aux calendriers d’interdiction de louer les passoires énergétiques. L’injection cumulée des primes CEE et de MaPrimeRénov’ Copropriété abaisse le coût des travaux votés en AG, tout en permettant au bailleur de répercuter le coût net restant sur sa déclaration fiscale ou de valoriser son actif sur le marché locatif.







