Pourquoi la réfection de toiture connaît une vague sans précédent à Montréal

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Réfection de toiture à Montréal

Près de la moitié des bâtiments résidentiels de l’île de Montréal ont été construits avant 1980. Ce seul chiffre explique une bonne partie de la pression qui pèse aujourd’hui sur le marché de la toiture.

Un toit d’asphalte posé dans les années 1990 arrive en fin de vie. Multiplié par des dizaines de milliers de duplex, triplex et maisons unifamiliales, ce cycle de remplacement crée une demande que l’industrie peine à absorber. Les délais d’attente pour un couvreur réputé s’étirent désormais sur plusieurs semaines en haute saison, un phénomène rare il y a dix ans.

Un parc immobilier arrivé à échéance

La toiture en bardeaux d’asphalte, dominante dans le résidentiel montréalais, affiche une durée de vie réelle de 18 à 22 ans dans le climat québécois. Les vagues de construction et de rénovation des années 1990 et 2000 se traduisent donc, mécaniquement, par des vagues de réfection quinze à vingt ans plus tard.

Les entrepreneurs spécialisés confirment la tendance. Un relevé publié par toiturecouvreurmontreal.com indique que les demandes de réfection complète, par opposition aux simples réparations, ont pris une part croissante du carnet de commandes ces dernières années. La donnée reste locale, mais elle rejoint ce que rapportent les associations sectorielles à l’échelle de la province.

Des matériaux plus chers, plus vite

La deuxième force en jeu est le coût des matériaux. Les prix du bardeau d’asphalte, dérivé du pétrole, ont grimpé nettement depuis 2020, entraînés par la volatilité des cours et les perturbations d’approvisionnement. Les grands fabricants comme GAF, IKO et BP ont ajusté leurs tarifs à plusieurs reprises sur une courte période.

Pour le propriétaire, la conséquence est directe. Une réfection reportée de deux ans coûte souvent plus cher que la même réfection faite aujourd’hui, non pas à cause de l’inflation générale, mais de la trajectoire propre aux matériaux de couverture. Ce calcul pousse une partie des propriétaires à devancer des travaux qu’ils auraient autrement étalés.

La main-d’œuvre, le vrai goulot d’étranglement

Le facteur le moins visible est aussi le plus contraignant : la pénurie de couvreurs qualifiés. Le métier est physique, saisonnier et exige une licence de la Régie du bâtiment du Québec. Le bassin de travailleurs expérimentés se renouvelle lentement, et la relève ne comble pas les départs à la retraite au même rythme.

Cette rareté a deux effets. Elle allonge les délais, et elle fragilise la qualité, car la demande excédentaire attire des acteurs sans licence qui profitent de l’urgence des propriétaires. CAA-Québec rappelle régulièrement l’importance de valider le numéro de licence RBQ avant de confier un chantier, un réflexe d’autant plus utile en période de forte demande.

Ce que la vague change pour les propriétaires

Le marché récompense désormais l’anticipation. Attendre la fuite pour appeler un couvreur, dans un contexte de délais longs et de prix en hausse, revient à cumuler les désavantages : facture plus élevée, attente plus longue, choix d’entrepreneur réduit.

Les propriétaires les mieux servis sont ceux qui font inspecter leur toit avant qu’il ne cède, obtiennent plusieurs soumissions détaillées hors saison de pointe, et réservent leur place dans le calendrier d’un entrepreneur licencié. La garantie de construction résidentielle et les associations comme l’APCHQ offrent par ailleurs des repères pour distinguer les entreprises structurées des acteurs de passage.

Une tendance de fond, pas un pic passager

Rien n’indique un ralentissement à court terme. Le parc vieillissant continue d’alimenter la demande, les coûts de matériaux restent élevés et la main-d’œuvre demeure rare. La conjonction de ces trois forces fait de la toiture l’un des postes de rénovation les plus tendus du Grand Montréal, et l’un de ceux où la planification pèse le plus lourd dans la facture finale.

❓ FAQ : Tout savoir sur la réfection de toiture à Montréal

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