En bref :
La différence clé réside dans le calendrier : la déclaration préalable s’effectue après la signature du bail, tandis que l’autorisation préalable (permis de louer) doit être obtenue avant d’accueillir un locataire.
- Déclaration préalable : Dépôt dans les 15 jours suivant la signature du bail (art. L. 634-3 du CCH), récépissé délivré sous 1 semaine sans délai bloquant.
- Autorisation préalable : Demande déposée avant la signature, délai d’instruction maximal de 1 mois (art. L. 635-4 du CCH), l’autorisation devenant caduque après 2 ans sans mise en location.
- Sanctions financières : Amende administrative jusqu’à 5 000 € pour omission, portée à 15 000 € en cas de récidive sous 3 ans ou de location malgré un refus explicite (art. L. 635-7 du CCH).
- Régularisation : Délai de 1 mois accordé au bailleur après notification par le maire ou l’EPCI compétent.
Quelle est la différence entre permis de louer et déclaration préalable ?
La déclaration préalable et l’autorisation préalable de mise en location (communément appelée permis de louer) sont deux régimes réglementaires instaurés par les collectivités pour lutter contre l’habitat indigne. Si les deux mécanismes visent à contrôler la salubrité des logements loués à titre de résidence principale, leur fonctionnement administratif et juridique diffère radicalement sur le calendrier d’application.
La déclaration préalable intervient a posteriori. Selon l’article L. 634-3 du Code de la construction et de l’habitation (CCH), le propriétaire bailleur doit déposer sa déclaration dans les 15 jours suivant la signature du contrat de location. Ce mécanisme n’interrompt pas la mise en jouissance du bien par le locataire.
À l’inverse, l’autorisation préalable de mise en location est un contrôle a priori. Le bailleur doit obtenir le précieux sésame avant la prise d’effet du bail. En cas d’inobservation, ou si le logement présente des risques d’insalubrité (défaut de VMC, installation électrique non conforme, absence de chauffage décent), la collectivité peut refuser la mise en location ou l’assortir de réserves techniques obligatoires.
Tableau comparatif des deux dispositifs de contrôle locatif
Le tableau ci-dessous détaille les critères juridiques et opérationnels fixés par le Code de la construction et de l’habitation et les décrets d’application récents.
| Critère de comparaison | Déclaration préalable de mise en location | Autorisation préalable (Permis de louer) |
|---|---|---|
| Moment du dépôt | Dans les 15 jours suivant la signature du bail (art. L. 634-3 CCH) | Avant la signature du bail (art. L. 635-1 CCH) |
| Délai d’instruction | Aucun délai bloquant (récépissé émis sous 1 semaine, art. R. 634-3 CCH) | 1 mois maximal (silence vaut accord tacite, art. L. 635-4 CCH) |
| Sanction de base (omission) | Amende administrative jusqu’à 5 000 € (art. L. 634-4 CCH) | Amende administrative jusqu’à 5 000 € (art. L. 635-7 CCH) |
| Sanction majorée (récidive / refus) | Non applicable (plafond fixé à 5 000 €) | Jusqu’à 15 000 € (récidive sous 3 ans ou location malgré un refus) |
| Durée de validité de l’acte | Attachée au bail en cours | Caducité après 2 ans si non suivi de mise en location (art. R. 635-3 CCH) |
| Délai de régularisation | 1 mois après notification (art. R. 634-4 CCH) | 1 mois après notification (art. R. 635-4 CCH) |
Délais d’instruction et sanctions : que risquent les bailleurs en infraction ?
L’instruction du permis de louer nécessite un examen rigoureux. À compter de la réception du dossier complet, l’autorité administrative dispose d’un délai maximal de 1 mois pour notifier sa décision (art. L. 635-4 du CCH). Si la mairie ou l’intercommunalité ne répond pas dans ce délai de 1 mois, le silence vaut accord tacite. Pour la déclaration préalable, la remise du récépissé est effectuée sous 1 semaine et n’empêche jamais le locataire de s’installer.
Les maires et présidents d’EPCI disposent de pouvoirs renforcés pour sanctionner les manquements et percevoir le produit des amendes, en vertu de la loi n° 2024-322 du 9 avril 2024 et de son décret d’application n° 2024-970. Lorsqu’un manquement est constaté, l’autorité administrative adresse au bailleur une notification lui accordant un délai de 1 mois pour régulariser sa situation (art. R. 634-4 et R. 635-4 du CCH).
Passé ce délai de régularisation d’un mois, les amendes administratives tombent :
- Omission simple : L’absence de déclaration ou de demande d’autorisation est passible d’une amende administrative d’un montant maximal de 5 000 € (art. L. 634-4 et L. 635-7 du CCH).
- Récidive ou passage en force : En cas de récidive d’absence de demande d’autorisation dans un délai de 3 ans, ou si le bailleur loue son bien malgré un refus explicite, l’amende administrative est portée jusqu’à 15 000 € (art. L. 635-7 du CCH).
Il convient de noter que ces amendes administratives se prescrivent par 1 an à compter de la constatation des faits (art. L. 634-4 et L. 635-7 du CCH). Par ailleurs, toute délibération municipale ou communautaire instaurant l’un de ces dispositifs doit respecter un délai minimal d’entrée en vigueur de 6 mois après sa publication officielle (art. L. 634-1 et L. 635-1 du CCH).
Travaux de rénovation et mise en conformité technique
Pour l’occupant comme pour le propriétaire bailleur, la conformité technique du logement garantit la sécurité et la pérennité du bien. Un refus de permis de louer découle souvent de désordres identifiés sur le réseau électrique, la ventilation ou l’étanchéité.
Chantiers prioritaires pour passer le contrôle de salubrité
Avant le passage du contrôleur mandaté par la mairie, le bailleur doit réaliser un audit technique ciblé :
- Remplacement du tableau électrique : Mise à la terre obligatoire, pose d’interrupteurs différentiels 30 mA et disjoncteurs divisionnaires adaptés pour éliminer tout risque d’électrocution.
- Installation d’une VMC hygrovariable : Dans un logement locatif, l’absence d’extraction d’air crée de la condensation et des moisissures. Le coût moyen d’un kit VMC avec création de gaines d’extraction reste modéré au regard des sanctions évitées.
- Sécurisation des garde-corps et fenêtres : Vérification de la hauteur réglementaire des balustrades (1 mètre minimum) pour éviter les risques de chute.
Règles de copropriété et aides à la rénovation
Si le logement est situé dans un immeuble en copropriété, le bailleur doit s’assurer que les travaux de mise aux normes ne touchent pas aux parties communes sans accord préalable. Toute modification de façade (comme le remplacement de fenêtres ou la pose d’une grille d’extraction VMC extérieure) requiert un vote en assemblée générale (AG) à la majorité de l’article 25 de la loi du 10 juillet 1965.
Sur le plan financier, la réalisation de travaux d’assainissement et de rénovation énergétique offre une rentabilité double : préserver la valeur patrimoniale du bien et garantir la perception continue du loyer. Les bailleurs peuvent solliciter les aides de l’Anah (Agence nationale de l’habitat) ainsi que le dispositif MaPrimeRénov’ sous conditions de ressources et de gains énergétiques, ce qui réduit significativement le reste à charge du chantier.
Questions fréquentes
Quelle est la sanction en cas de location sans permis de louer ?
Le propriétaire s’expose à une amende administrative allant jusqu’à 5 000 €. En cas de récidive dans les 3 ans ou de mise en location malgré un refus explicite, l’amende administrative maximale est portée à 15 000 € par le maire ou l’EPCI compétent.
Quel est le délai d’instruction pour une demande de permis de louer ?
La mairie ou l’EPCI dispose d’un délai d’instruction maximal de 1 mois à compter de la réception du dossier complet. En l’absence de réponse expresse à l’issue de ce délai de 1 mois, le silence de l’administration vaut accord tacite.
Quand doit-on déposer la déclaration préalable de mise en location ?
La déclaration préalable de mise en location doit être déposée dans les 15 jours suivant la signature du contrat de location. Contrairement à l’autorisation préalable, elle ne bloque pas l’entrée du locataire dans les lieux et donne lieu à un récépissé.








