L’humidité est le fléau invisible qui menace la santé des habitants et la pérennité du bâti. Pourtant, face à une tache de moisissure ou un enduit qui s’effrite, le propriétaire se trouve souvent démuni : s’agit-il d’un problème de structure ou d’un simple défaut de ventilation ? Confondre remontées capillaires et condensation est une erreur classique qui peut mener à des travaux coûteux et inefficaces. Ce guide vous donne les clés pour poser le bon diagnostic.
1. Les remontées capillaires : l’humidité qui vient du sol
Aussi appelées « humidité ascensionnelle », les remontées capillaires sont un phénomène physique où l’eau contenue dans le sol remonte dans les murs poreux (pierre, brique, mortier) à la manière d’un sucre trempé dans du café.
Les signes qui ne trompent pas
Contrairement à d’autres formes d’humidité, les remontées capillaires suivent des règles précises :
- La zone d’apparition : Elles se limitent exclusivement au rez-de-chaussée ou au sous-sol. Les taches ne dépassent généralement pas 1,50 mètre de hauteur.
- Les efflorescences (salpêtre) : En s’évaporant, l’eau laisse derrière elle des sels minéraux qui forment des traces blanches poudreuses sur le mur.
- La dégradation des matériaux : Les enduits cloquent, les peintures s’écaillent et le bois des plinthes finit par pourrir.
Les causes structurelles
Ce phénomène survient principalement dans les maisons anciennes (construites avant les années 1960-70) qui ne possèdent pas de barrière d’étanchéité (arase sanitaire) à la base des murs, ou lorsque cette dernière a été rompue.
2. La condensation : l’humidité qui vient de l’air
La condensation est le résultat d’un air intérieur trop chargé en vapeur d’eau qui rencontre une paroi froide. C’est le même phénomène que la buée sur vos lunettes ou sur le miroir de la salle de bain.
Symptômes caractéristiques
- Localisation variable : On la trouve partout, du sous-sol aux combles, souvent dans les angles des pièces, derrière les meubles imposants ou autour des fenêtres.
- Moisissures et points noirs : Ce sont des champignons qui se développent en surface à cause de l’eau stagnante.
- Odeurs de renfermé : Une humidité ambiante élevée favorise une odeur de « moisi » persistante.
Les facteurs déclencheurs
Elle est souvent liée à un mode de vie (douches, cuisine, respiration) combiné à :
- Une ventilation insuffisante (VMC absente ou encrassée).
- Un défaut d’isolation créant des ponts thermiques (murs froids).
3. Le test du film plastique : un diagnostic maison simple
Si vous hésitez encore, il existe une astuce simple et gratuite pour orienter votre diagnostic : le test de la feuille de polyane.
- Nettoyez une zone humide et séchez-la en surface.
- Scotchez hermétiquement une feuille de plastique transparent d’environ 40×40 cm sur le mur.
- Attendez 48 heures.
- Si de la buée apparaît côté extérieur (face à vous) : C’est de la condensation. L’humidité vient de l’air de la pièce.
- Si des gouttes d’eau apparaissent côté mur (sous le plastique) : Ce sont des remontées capillaires (ou une infiltration). L’eau traverse le mur.
4. Tableau comparatif : Remontées capillaires vs Condensation
| Critères | Remontées capillaires | Condensation |
| Origine de l’eau | Sol (humidité ascensionnelle) | Air intérieur (vapeur d’eau) |
| Hauteur des taches | Limité à 1m50 (bas des murs) | Partout (souvent dans les angles) |
| Saisonnalité | Souvent pire en hiver/automne | Principalement en hiver |
| Signes majeurs | Salpêtre, enduit qui tombe | Moisissures, points noirs, buée |
| Impact | Dégradation de la structure | Problèmes respiratoires, allergies |
| Solution type | Injection de résine, drainage | VMC, isolation, aération |
5. Quelles solutions pour quel problème ?
Une fois le diagnostic posé, le traitement doit être ciblé. Utiliser une peinture anti-humidité sur un mur souffrant de remontées capillaires est inutile, car l’eau restera bloquée dans le mur et causera encore plus de dégâts à l’intérieur de la structure.
Traiter les remontées capillaires
- L’injection de résine : On crée une barrière étanche chimique à la base du mur.
- Le drainage périphérique : Pour évacuer l’eau du sol avant qu’elle n’atteigne les fondations.
- L’électro-osmose : Un procédé électronique qui inverse le courant électrique naturel pour renvoyer l’eau vers le sol.
Traiter la condensation
- Installation d’une VMC (Simple ou Double Flux) : Pour renouveler l’air mécaniquement.
- Isolation thermique par l’extérieur (ITE) : Pour supprimer les parois froides où la vapeur vient se liquéfier.
- Déshumidificateurs : Une solution de secours temporaire pour abaisser le taux d’hygrométrie.
Conclusion
Le diagnostic de l’humidité est une étape cruciale qui ne doit pas être prise à la légère. Si le test du film plastique donne une première indication, faire appel à un expert équipé d’un humidimètre à micro-ondes reste la solution la plus fiable pour mesurer l’humidité à cœur du mur.







